Posté le 10.05.2008 par catedition
Un jour, quand je serai grand
un jour, quand mes ailes auront poussé
en lieu et place de la constellation du dragon
en lieu et place de la constellation du scorpion
quand les oiseaux-mouches et l’oiseau de paradis
auront gagné la guerre des mondes
sous mes ailes déployées
dans un univers ailleurs
dans les forêts du ciel
dans la tempête des bleus
je sèmerai les mille étoiles
de la constellation du Chat
Même hors d’Égypte il sera mon maître
Posté le 28.04.2008 par catedition
Mon compagnon était sorti promener son blues, sa curiosité et son temps perdu. Moi, j’étais à l’arrière, drôlement fagotée et coincée sur le siège de la décapotable. Si j’avais bien compris, il voulait me présenter à un inconnu. C’était mercredi et le mercredi est le jour où, dit-on, l’on sort les monstres.
Savez-vous ce qu’est un monstre ?
Un monstre est tout simplement un objet utilitaire qui a perdu son utilité, en bref une sorte de vieux dans le domaine des objets, un inutile. Et pour les inutiles, il n’y a pas d’asile, pas de maison de retraite, pas même d’orphelinat, rien.
Aujourd’hui, c’était terrible… le nettoyage de Pâques peut-être, ou une Saint Barthélémy des vieilles choses. Triste promenade, j’ai vu des choses déchirantes : entre autres, une vieille étagère en fer qui, après des années enfermée dans une cave, sans rien connaître du jour ou de la nuit, ni rien du charroi de la ville, se retrouvait là, sur un bord de trottoir sale, dans une ignoble jungle bestiale quand on vient du confiné silencieux d’une cave. Bilan, 12 ans à travailler pour rien ! à porter du poids, discrètement, sans rien dire, et vlan à la rue.
J’espère que les objets communs n’ont pas d’âme, ce serait trop désespérant. L’homme n’a t’il pas de reconnaissance pour service rendu ? Aucune fidélité pour vieux compagnonnage ? Aucune compassion ? Non, il utilise et met au rebut. Et cela n’est rien, j’ai vu pire, un homme abandonné, que des cartons abritaient gentiment. À la rue l’inutile ! Et pire encore, un peu plus loin, parmi d’autres objets SDF, gisait un sommier insomniaque, un qui vu son état avait du faire les trois huit… et vlà, lui aussi, à la rue, après 20ans de vie commune, de secrets partagés et d’intimités ininterrompues.
On ne peut faire confiance à personne !
Je me demande qui sont les monstres ! Vraiment il y a de quoi douter, douter de tout et de tous. J’espère que dans une prochaine vie, un antiquaire m’adoptera et que je le verrai vieillir doucement, paisiblement, en priant et espérant que les jeunes idiots qui courent autour de nous ne le mettent pas au rebut.
Je suis en inquiétude, je traîne une nostalgie de vieille chaise Anglaise et des siècles que ma mémoire dépoussière.
Posté le 28.12.2007 par catedition
Quelques fleurs pour accompagner
mes Meilleurs Vœux
pour 2008.
Quelques lignes pour vous souhaiter,
du bonheur, de la santé
du rêve, du rire et de la joie.
Seuls nos rêves éclairent le futur
Rêvons Grand
Amitiés,
JMS
Posté le 10.07.2007 par catédition
Danger
l’enfant ferme le jour
Le soleil se repose
la nuit pousse
son cri silencieux
il pleut du bleu et des étoiles
Le marchand de sable
bat du tambour à rêves
emballe ses moutons
vend une mer de dune
vide une besace d’étoiles sur le silence
Dormez les enfants
le fracas des nuits est un rêve qui s’agite
un cauchemar en déroute
Dormez
chacun le sait
le rêve est en danger
quand battent les paupières
Dormez
aux fêtes du sommeil
le soleil dort
les étoiles dansent
et les chats sont gris
Jean-Michel Sananes inédit
Posté le 20.06.2007 par catedition
Souscription
"LA DIAGONALE DU SILENCE"
Jean-Michel Sananès
Chemins de Plume/poésie
Commande en souscription 12 Euros port inclus
Extrait
Á Cachou
Goudron macabre
Goudron macabre
J’ai vu l’encre rouge
d’une fourrure arrachée
Il courait sur rêve de temps insoumis
La mémoire du sang chantait
mais nous étions sur paradis oublié
Il courait sur gazon périmé
Goudron macabre
pneu sanguinaire
j’ai vu l’encre rouge
d’une fourrure arrachée
Frontière bitume
par printemps endiablé
la terre ne lui appartenait plus
La météo distillait ses poisons
sale temps pour les fourrures
le chat a cessé de courir
Mon chat cessa de courir.
Posté le 20.06.2007 par catedition
Á Mistigri.
Toi mon chat tu ronronnes
Du jardin de mes 15 ans à ici
maman a naufragé 45 ans
tant de rêves battus aux récifs de ses rides
J'ai pris 20 kg
perdu mes cheveux
un pays
3/4 de vie et toi sur mes genoux
et toi mon vieux chat
qui glisses entre les heures
Le temps court sur une vie
plus courte que prévue
Aujourd’hui 16 ans que tu es là
16 ans de griffures en ronrons
Il fait une nuit saumâtre
une traverse frontière
où allons-nous mon chat ?
La maison n’est pas chauffée, j'ai froid
il est 22h 23 et je t’aime
toi, mon vieux chat tout rouillé
Dans mon éternité émiettée
bientôt deux décennies
et toi ma vieille grappe de poils
tu es là, posée sur mes genoux
tu me regardes vieillir
Tu dois partir, je sais
nous devons tous partir vieux chat
tant de projets et tant à faire
j’ai peur de ne plus courir assez vite
j’ai peur vieux chat
refais-moi printemps
l'hiver me poursuit
l’hiver nous poursuit depuis si longtemps.
Jean-Michel Sananès, extrait de "La diagonale du silence!"
Editions Chemins de Plume. En noir et blanc : 12 Euros
Posté le 18.04.2007 par catedition
Compagnons de Terre,
sur la pointe des pieds,
ils marchent,
à petits pas silencieux
Charmeurs d’hommes,
ils restent toujours
enfants sauvages
enfants aimés
ou ignorés
enfants aimants
De leur élégance feutrée
ils côtoient notre ignorance,
les Chats
Texte et dessin de Jean-Michel Sananès, extrait de "Chat ! Chats ! Chats !"
Editions Chemins de Plume. En noir et blanc : 8 Euros
Posté le 28.03.2007 par catedition
De bleu en bleu
d’étoile en étoile
il sait l’univers
et la dimension du rire
De ciel en ciel
de cœur en cœur
il sait les diagonales de l’enfance
et la sagesse du bonheur
De ciel en ciel
d’étoile en étoile
il parcourt le grand livre
et traverse l’Innocence
D’étoile en étoile
il sait tous les bleus
les couleurs de l’enfance
et le fragile des destins
Jean-Michel Sananès
Posté le 28.03.2007 par catedition
Au pays d’ailleurs les lettres mortes font des cahiers de feuilles d’automne, de cœurs orphelins et d’étoiles blessées, Slobodan l’explorateur des trois cosmos, l’arpenteur de l’enfance, réaménage le ciel comme un jardinier, chaque rêve, chaque galaxie y a une place.
Texte de Jean-Michel Sananès
Les peintures de Slobodan ont un © - Reproductions interdites sans autorisation de l’artiste.
Posté le 25.03.2007 par catedition
Une histoire qui vient du pays des coccinelles
Quand un arbre prend de la hauteur, les mouches volent moins haut et les coccinelles se prennent pour des oiseaux. L’une d’entre elles, une arc-en-ciel à pois bleus, celle que les grenouilles surnomment Ailes de Saphir, aimait un cerisier. C’était un arbre, tout droit venu d’un amour de jeunesse, d’un temps où il était en graine et où elle était chrysalide. En quelque sorte tous deux étaient encore dans leur cocon quand le vent les poussa l’un vers l’autre. Le fil d’amour que tissent les coccinelles, bien que ténu et invisible, est terriblement solide. Ce fil invisible, et rond, et brillant, et bleu, est si solide que le soleil, quand il joue, s’y pose à califourchon. C’est drôle à voir un soleil posé à califourchon sur un fil d’amour près d’un rossignol qui compose des musiques légères que les petites fleurs apprennent par cœur.
À l’heure d’Adieu Mozart, quand le jour se démaquille pour laisser venir la nuit, le fil reste là bien tendu entre l’arbre et la coccinelle pour que la lune à son tour s’y repose.
Cela continuera tant que la coccinelle aimera l’arbre et tant que l’arbre aimera la coccinelle. Cette coccinelle est reine de son royaume et l’arbre vient du pays des arbres de vie. Cela pourrait durer encore très longtemps si les hommes laissent l’arbre grandir car l’amour a une mémoire d’éléphant. C'est le Vieux Nénuphar qui me conta l’histoire de Ailes de Saphir un soir où le vent riait.